Il est sans doute 7 heures du matin en été, c’est le 15 Aout 1944…Il fait jour…A Montauroux. Ma Maman Christiane rentre dans ma chambre…

(photo cheminee) Mon lit était entre la fenêtre et la cheminée.Claude veux-tu vite te lever les Américains débarquent, ils arrivent dans de gros  avion d` où  sautent des parachutistes de toutes les couleurs…Je me lève et cours vite dans la rue derrière  ma Maman..J’ai 6 ans…

(photo de la rue) Nous courons  vers la vieille chapelle de  St Barthélemy qui se trouve au   sommet du village.Enfin de là on peut voir  les gros avions vombrissants  qui continuent à lâcher de nombreux  parachutistes  qui descendent tout doucement vers la campagne..

(photo de la chapelle) Tous les  gens  réunis sur St Barthélemy  sont heureux et les commentaires vont bon train. Mais comme des obus sont deja tombés sur l’église la population voudrait prévenir les Américains qu’il n’y a plus d’ennemis dans le village , les Allemands sont deja partis  vers Aix  et sans doute  vers l`Allemagne.4em Les gens rassemblés suggèrent  « nous devrions  prévenir les parachutistes  que les Allemands ne sont plus dans le village»

Mon père Fernand Bernard veut bien aller porter le message mais il avoue ne pas parler Anglais. Alors une jeune fille de 16 ans, Manou qui allait au Lycée à Nice, se porte volontaire pour l` accompagner. Ils partent tous les deux vers la campagne là  où sont tombés les parachutistes. Ils  descendent vers la chapelle St  Donas.

(photo de la chapelle vue du village) Ils marchent  avec précaution, car Fernand pense être tout près des soldats parachutés. Mais à sa grande surprise il ne voit personne, ils avancent encore et  tout d’un coup, ils sont encerclés par des hommes en uniformes bariolés. Ces soldats ont le visage peint en noir rouge et vert. Manou est terrorisée et se cache derrière Fernand qui lève ses bras en signe de paix. Dans un grand silence, il regarde les armes des soldats braqués sur eux et s` aperçoit  que ce ne sont pas des  fusils Allemands de marque Mauser   qu `il connaissait  bien.

Il demande à Manou de délivrer le message mais elle a tellement peur que’lle ne peut plus parler et continue à se dissimuler  du mieux quelle peut derrière Fernand. Alors Fernand ne sait plus que faire. Comme il était musicien violoniste, et jouait   parfois des chansons Anglaises interdites à cette époque, il tente le tout pour le tout et se met à chanter un air qu’il connaissait  bien:

“It’s a long way to Tiparary, it’s a long way to go!

It’s a long long way to Tiperary, it’s a long way to go!

Les soldats éclatent de rire Manou se rassure et délivre en Anglais son message : “There are no more German soldiers in Montauroux.

Tout le monde est content, ils se serrent les mains et pour leur plus grande joie , certains Américains connaissaient aussi quelques mots de Français. Un soldat donne à Fernand son parachute reste accroché dans un olivier.

Une heure plus, tard Fernand et Manou remontent au village, heureux et soulagés! Fernand offre à Christiane, ma mère, son parachute de soie qu’elle se promet de transformer en corsage.

Et tout est bien qui finit bien.